Voilà un sujet qui fait débat ! Faut-il donner des devoirs à la maison ?

  • Les textes officiels :

Dans les classes élémentaires, le travail scolaire à faire à la maison est limité : les devoirs écrits sont proscrits ; par contre, des lectures, des recherches, des éléments à mémoriser peuvent constituer le travail proposé aux élèves. Tout travail à la maison fait l’objet d’une vérification par le maître. Progressivement, les élèves de cycle 3 commencent à gérer leur travail sur la semaine.

  • Quels devoirs ?

Donc, d’après les textes, les devoirs sont généralement :

-          de la lecture,

-          des recherches,

-          des éléments à mémoriser : poésie, vocabulaire, leçons, tables de multiplication…

  • Pourquoi des devoirs ?

Votre enfant a besoin de vos encouragements et de votre soutien. Il a aussi besoin que ses parents s’intéressent à ce qu’il fait ou a fait à l’école. Pour l’enfant, ce travail personnel est une phase d’appropriation des savoirs. Les devoirs sont avant tout un apprentissage progressif qui augmente d’années en années, l’enfant construisant peu à peu une autonomie en apprenant à s’organiser, à gérer son temps, à planifier son travail.

Pour vous, parents, c’est un signe de l’évolution de votre enfant, de ses éventuelles difficultés. C’est le moment privilégié où vous lui montrez que vous avez de la considération pour ce qu’il fait.

A titre personnel et comme d’autres collègues du cycle 3 de notre école, je donne parfois quelques exercices écrits. Ils ne sont pas obligatoires bien sûr et je ne sanctionne jamais mes élèves s’ils ne sont pas réalisés. Toutefois, je leur conseille  de les faire dans leur intérêt. Je m’explique. Les exercices donnés sont en général un moyen de renforcer une compétence qui mérite un entraînement régulier. Or, le programme étant vaste et les journées n’étant pas extensibles, il faut parfois attendre une semaine avant de retravailler cette compétence. En l’occurrence, dans ma classe, je donne parfois 3-4 opérations (soustractions, multiplications ou divisions) pour la semaine suivante afin de ne pas perdre les savoir-faire qui se perdent vite dans ce domaine. Également, lorsque je donne une lecture à préparer à la maison, je donne un petit questionnaire. J’ai en effet eu dans le passé de mauvaises expériences : je donnais de la lecture mais je constatais amèrement que ceux qui aiment la lecture avaient fait le travail et pas les autres…

  • Les conditions pour faire les devoirs ?

- être régulier : il faut apprendre à l’enfant à travailler régulièrement. La régularité et la stabilité (et pas seulement pour les devoirs) sont importantes pour la construction de votre enfant.

- travailler dans le calme : sans musique, ni télévision, ni à côté du frère ou de la sœur qui est en train de jouer.

- Quand ? Donnez-lui le choix de ses heures. Certains enfants préfèrent travailler après leur goûter ou après avoir joué un peu. Mais faire attention à ne pas décaler l’heure du coucher.

  • Combien de temps ?

Difficile à dire, tous ne travaillent pas à la même vitesse. Disons que 20-30 minutes en CP, CE1 et 30-45 minutes du CE2 au CM2 semblent une bonne moyenne. Au-delà de ce temps, il vaut mieux arrêter. Si c’est un mercredi, ou le week-end, reprendre à un autre moment de la journée. Sinon, en informer l’enseignant.

  • Comment ?

Ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air. D’abord, il faut que vous, Parents, vous soyez calmes, pas pressés de finir et que vous ne le viviez pas comme une corvée, sinon comment lui pourrait-il prendre du plaisir à apprendre ?

Pour une recherche : cela s’adresse généralement aux plus grands. Utilisez le dictionnaire, internet (avec votre contrôle), des encyclopédies, des livres documentaires. Il s’agit de trouver des informations sur un sujet donné, éventuellement que l’on note sur une feuille à part.

Poésies, tables, vocabulaire : c’est un travail de mémorisation. Différentes techniques s’offrent aux enfants : écrire, répéter, les parents donnent le début d’un vers de la poésie, l’enfant donne la fin, … Pour les tables, les faire le plus vite possible, etc…

La mémorisation varie selon les enfants : elle peut passer par une phase visuelle (le voir écrit) ou  (se le répéter à haute voix). Trouver avec votre enfant la solution que fonctionne le mieux. En Cycle 3, il me paraît important d’écrire les mots importants d’une leçon (dans ma classe, ils sont écrits en rouge). Le fait de les écrire va permettre à votre enfant de fixer plus facilement leur orthographe

Pour une leçon au cycle 2 (CP-CE1):

L’apprentissage par cœur n’est pas forcément une bonne chose, bien au contraire ! Les devoirs à ce niveau là se résument à une activité de relecture active. L’important, c’est de comprendre et d’assimiler.

Pour une lecture : En CP, pas de secret, c’est en lisant qu’il va apprendre à lire ! Néanmoins, deux procédures s’imposent. Avec un élève sans difficultés :

-          Après lecture de l’enfant, lui demander d’extraire le sens, de dire en quelques mots ce qu’il a compris. Raconter, reformuler… (« Comprendre c’est traduire » Goigoux).

-          Nommer à partir du texte les personnages, les lieux, les actions…

-          Retrouver les différentes étapes du récit.

Avec un élève fragile :

-          L’adulte procède à une première lecture à haute voix, ce qui évite les difficultés de décodage.

-          Après relecture de l’enfant, cerner les mots qui font obstacle et les expliquer.

-          Aider l’enfant à designer dans le texte les personnages, les lieux, les actions…

-          Aider l’enfant à désigner dans le texte les mots qui structurent et font avancer le récit.

-          A partir d’images séquentielles du récit, faire reconstituer le texte par l’enfant en le racontant.

Pour une leçon de mathématiques :

A partir du tableau de Pythagore (table d’addition), l’adulte cache une somme, l’enfant la retrouve. Proposer des listes d’addition :

Les suivants : 7+1  4+1  11+1  17+1…

Les doubles : 1+1  2+2  4+4…

Les compléments à 10 : 1+9  2+8  3+7…

Pour une leçon au cycle 3 (CE2-CM):

Pour une leçon d’histoire par exemple, c’est de comprendre la chronologie des événements, comment se sont déroulés les événements. Un élève qui récite par cœur mais qui ne sait pas remettre deux événements dans le bon ordre chronologique ne sait pas sa leçon ! Vous pouvez aussi aider votre enfant en l’invitant à visualiser mentalement les événements, les faits.

Pour une leçon de grammaire, sur le verbe par exemple, il s’agira essentiellement d’être capable de trouver le verbe dans une phrase, grâce aux explications ou astuces données dans la leçon.

Pour l’apprentissage des tables de multiplication ou la préparation d’une dictée, seule l’aide personnalisée peut aider les élèves en difficulté.

De manière générale, les démarches d’apprentissage : procédures mémo techniques, extraction de sens, inférence… relèvent d’un travail pédagogique scolaire. On ne peut demander à l’enfant dans le cadre des devoirs que de se réapproprier ce qui a déjà été travaillé en classe. Aussi, les démarches d’apprentissage des tables, d’une récitation, d’une dictée ne peuvent être « externalisées », déléguées aux familles.

  • Oui, mais…

Certains vont dire que cela est insuffisant. « Mais cela ne suffit pas pour préparer nos enfants au collège ! », « Il n’y a pas assez de leçons ! »… Et donc, de plus en plus de parents achètent livres et manuels pour faire « bachoter » leur enfant. Ce n’est pas sans risque : dégoût de l’école, apprentissages erronés, mauvaises méthodes qui induisent des erreurs de construction de notions… N’oubliez pas qu’enseigner est un métier et que cela ne s’improvise pas ! Faites confiance à l’équipe pédagogique de l’école.

  • …si je veux quand même l’aider ?

On vous encouragera à ne pas lui faire faire plus de devoirs mais par contre, vous pouvez, à l’occasion, et tant que cela reste un plaisir :

-          l’encourager à lire (magazines, journaux, petits livres, albums).C’est en lisant qu’on améliore sa capacité à lire, à comprendre, et qu’on développe son vocabulaire.

-          Regarder un documentaire de son âge avec lui.

-          L’emmener au musée, voir une manifestation sportive…

Bref, tout ce qui développera sa curiosité, son ouverture culturelle, son goût pour les choses nouvelles…